« Depuis la pandémie, les gens sont perdus, ils vivent au jour le jour » : à Bondy, la grande faucheuse des inégalités

Il n’existe pas de compteur des enfants en perdition ou des élèves en décrochage, comme pour les personnes hospitalisées ou celles placées en réanimation. Dans cette commune de Seine-Saint-Denis parmi les plus pauvres de France, la crise actuelle a de graves répercussions, bien au-delà du seul bilan sanitaire.

           

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Le travail n'est plus un levier qui actionne l'ascenseur social, il ne permet plus de quitter la précarité depuis longtemps et il ne permet pas de mettre un terme à l'inexorable glissement de la classe moyenne vers la pauvreté. Bref, le travail ne réduit plus la tension inégalitaire.
Aussi, attirer l'investisseur dans un contexte de concurrence mondiale entre états a un coût exorbitant pour la collectivité et la concurrence fiscale entre pays dispense l'investisseur de tout effort collectif. Il trouvera toujours un état pour accueillir les bénéfices réalisés dans le pays où il a investi et reçu d'immenses subsides pour créer bien souvent des emplois précaires à deux balles à l'image d'Amazon.
Abandonner ses citoyens à leur triste sort par des réductions de la protection sociale et des politiques d'exclusion n'est pas une option viable. En effet, la délinquance et la criminalité prennent le relai pour assurer revenus, sécurité, éducation et justice ainsi que le logement. Reprendre le contrôle de ces quartiers abandonnés ne va pas être une mince affaire.
Et ce ne sont pas les emplois uber ou deliveroo qui vont aider la majorité des gens à sortir la tête de l'eau et s'y maintenir.
Les traités européens, la monnaie unique et les traités internationaux notamment de libre échange imposent des contraintes et placent le travailleur français directement en concurrence avec le travailleur polonais, roumain, américain, asiatique. Ces traités et monnaie unique imposent l'abaissement de toutes les normes, y compris salariales et sociales, au plus petit dénominateur commun.
Alors que les barbelés interdisent aux travailleurs de traverser les frontières pour suivre le travail, le capital ne connaît pas cette contrainte et recherchera toujours le coût de main d'œuvre le moins élevé, ce qui contracte les possibilités d'augmentation des salaires là où ils sont justes et détruit l'emploi bien payé, soit par les délocalisations, soit par le remplacement du travailleur par l'intelligence artificielle.
Dans ce contexte, on comprend toute l'urgence de trouver un autre levier que le travail pour sortir de la précarité, remettre l'ascenseur social en marche et réduire les inégalités.
Aucun économiste au monde, ni même auteur de science fiction, pas même Georges Lucas, n'ont pu imaginer ce monde du XXIe siècle qui se dessine, à savoir un monde sans travail humain ou si peu et sans travail humain bien payé sans qu'il ne soit apocalyptique.
En conclusion, les emplois détruits ne reviendront pas et des choix vont devoir être faits rapidement pour éviter le chaos, la covid19 ayant juste accéléré un mouvement initié bien avant elle.


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