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Je suis fille d’agriculteurs. J’ai grandi en France rurale.
Là où on se coltine tous les profs retraités qui en ont plus rien à faire. Là où l’instit de primaire a expliqué au voisin que son fils allait reprendre la ferme, donc il n’avait pas besoin de réussir à l’école. Là où il n’y a pas de moyens, parce que, c’est bien connu, y a que les gens des villes qui veulent une éducation.
Ma mère a eu 5 enfants, elle m’a appris à lire et à eu une approche quasi-militaire de l’éducation de ses enfants. Les devoirs étaient vérifiés systématiquement et elle était exigeante. On est 4 à avoir eu le bac, dont 3 avec mention. Ma sœur a une licence de lettres et un diplôme de maraîchère, j’ai un master 2 de recherche d’anglais, mon autre sœur a un bac S avec mention qu’elle a passé par le CNED en faisant le conservatoire de danse classique et ma sœur malentendante a un bac pro.
Le fils des voisins (agriculteurs) a un doctorat. Une autre voisine travaille dans l’événementiel. Une autre a fait des études scientifiques avant de partir au Japon. Elle a aussi fait le conservatoire de piano. Une autre jouait de la flûte alto.
Comme quoi, même si ils sont laissés sur le carreau, même si ils vivent dans des déserts culturels parce que tout l’argent va dans les villes, les gosses des champs sont intelligents, et leurs parents veulent qu’ils aient une bonne éducation.

PS: pour être agriculteur, il faut le bac. Minimum.


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Les gens des campagnes ne pensent pas forcément à la possibilité de faire des études surtout
Ils ne cotoient pas dans leur milieu familial des gens diplômés ou cadres
Beaucoup de reproduction sociale

Et quitter sa campagne pour faire des études dans les villes signifient tomber dans l'extreme pauvreté durant les années de fac avec un isolement social fort

Ca veut aussi dire etre parachuté dans une société différente. Choc culturel, de classes social + insécurité des villes

Meme diplômé, vue le prix des loyers dans les villes
Le gains de salaire une fois diplômé ne permet pas forcément d'obtenir une meilleure vie qu'à la campagne.

Dans les villes, on a juste + de services de divertissement (resto bar boite musée etc...) et d'infrastructures (aéroport pour voyager, lignes de train etc.


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Je confirme. On se plaint des "jeunes" des quartiers difficiles, mais dans le milieu rural, et c'est un diagnostic que j'ai fait dans plusieurs villages de mon bassin d'enseignement, dans un département où l'élevage est dominant, existe non seulement une indifférence presque totale pour la vie intellectuelle, culturelle, et pour la simple curiosité au-delà de l'horizon quotidien, mais même un rejet, parfois agressif pour cette dimension de l'existence. L'Ecole n'est pas perçue comme un facteur d'élévation individuelle ou professionnelle. On se "réalise" ailleurs. Imaginez les professeurs de Lettres, qui tentent désespérément de donner du goût aux livres ! J'ajoute qu'il est extrêmement pénible d'établir un semblant de discipline et de concentration. Mais je suppose que c'est la même chose partout en France, d'autant plus que l'absence de sélection, le collège unique et le passage automatique en classe supérieure, avec l'obtention naturelle des diplômes (brevet et baccalauréat) suppriment tout enjeu, toute envie de se surpasser.

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